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PremièreOn disait jadis de l'ancien chancelier allemand Helmut Kohl qu'il perdait les sondages mais gagnait les élections. C'est désormais le cas aussi de Nicolas Sarkozy.
On peut tourner la chose dans tous les sens-en expliquant, par exemple, que 28 %, c'est peu, pour un parti dit majoritaire-, il n'en est pas moins vrai que l'UMP a remporté, dimanche, une nette victoire aux élections européennes.
Pourquoi ce succès ? D'abord, parce que Nicolas Sarkozy a révélé ses capacités européennes pendant la présidence française de l'Union, l'an dernier, et que l'UMP avait choisi ses candidats pour leur compétence plus que pour leur image médiatique ou, comme au PS, pour des questions de dosages politiciens. Ensuite, parce que les Français ont fait une indigestion d'antisarkozysme primaire et pavlovien.
Jusqu'à présent, il tenait lieu, si l'on ose dire, d'idéologie à l'opposition. Hormis Europe Ecologie, du rafraîchissant Daniel Cohn-Bendit, l'autre liste gagnante du scrutin, celle-ci s'est contentée de radoter des slogans sommaires avec des tristes figures sans faire de propositions alternatives sur l'Europe. Les Français voulaient qu'on leur parle d'avenir. C'est pourquoi ils ont sanctionné ce qu'il faut bien appeler l'opposition scrogneugneu, qui ne peut s'en prendre qu'à elle-même.
Notre pays a besoin d'une opposition forte et, après une telle claque, on ose espérer que le PS, le MoDem et les autres tenteront de réfléchir à la société de demain. Pour analyser leur fiasco, ils ne peuvent plus se con tenter de nous servir leur ritournelle habituelle : « C'est la faute à Sarkozy. »
Franz-Olivier Giesbert
Le Point du 11/06/2009
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